Emmanuel Macron et la cérémonie de la bougie de Hanoukka : le débat sur la laïcité relancé

Jeudi soir, à l’Elysée, le chef de l’Etat reçoit un prix décerné par l’Organisation européenne des rabbins pour sa lutte contre l’antisémitisme. Haïm Korsia, le grand rabbin de France, assiste à la cérémonie. Le Président prononce un discours et pour saluer ce propos, le grand rabbin allume une bougie. Le 7 décembre est le premier soir de la fête juive de Hanouka. Elle dure huit jours, durant lesquels, chaque soir, on allume une bougie de plus.

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La séquence, filmée et partagée sur les réseaux sociaux, a rapidement suscité des réactions indignées, au nom de la défense du principe de la laïcité. Les oppositions de la droite à la gauche considèrent cet événement comme une « atteinte à la laïcité », une « faute politique », voire comme « une rupture de la tradition républicaine ». Ils dénoncent « un mauvais signal envoyé par l’Etat à la République » et critiquent le président pour « une faute politique impardonnable ».

Face à cette polémique naissante, Emmanuel Macron a tenté de déminer la situation en assurant « ne pas avoir organisé de cérémonie » religieuse. Il a déclaré avoir fait un geste en direction de la communauté juive dans un contexte de montée de l’antisémitisme. Il a appelé à faire preuve de « bon sens et de bienveillance » et a souligné que l’événement organisé à l’Elysée était une remise de prix qui s’est déroulée « dans un esprit qui est celui de la République et de la concorde ».

De son côté, le grand rabbin de France défend son geste en allumant la bougie de Hanoukka, affirmant que c’était un « signal » de « soutien » envoyé par le président à la « communauté juive » face à la montée de l’antisémitisme.

La polémique a suscité des réactions diverses parmi les personnalités politiques françaises. Certains estiment que l’Elysée n’est pas un lieu approprié pour des manifestations religieuses, tandis que d’autres défendent le geste du président en arguant que la laïcité n’est pas la négation des religions.

En définitive, cette affaire a ravivé le débat sur la laïcité en France et a mis en lumière la difficulté de concilier les manifestations religieuses avec les responsabilités politiques au plus haut niveau de l’Etat.

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