L’industrie pétrolière exerce une pression sur les négociations climatiques à la COP28

Les enjeux de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Dubaï sont immenses, mais ils ne sont pas sans obstacles, comme le montre une récente lettre du secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Dans cette lettre, Haitham al-Ghais exhorte les 23 pays membres ou associés de l’Opep à rejeter catégoriquement tout accord visant à cibler les énergies fossiles dans les négociations climatiques en cours. Cette pression exercée par l’Opep vise à préserver les intérêts de l’industrie pétrolière, alors que les délégations cherchent à limiter l’accélération du dérèglement climatique.

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La dispute se concentre sur une option envisagée dans le texte de la COP28, qui prévoit une sortie des énergies fossiles « non équipées de dispositif de captage de carbone ». Bien que cette mention semble en accord avec les recommandations du Giec, elle ouvre la porte à une continuation des activités polluantes des industries fossiles, en permettant simplement l’ajout de technologies de captage de carbone ou de compensation par la plantation d’arbres. Cette stratégie, qualifiée de « levier de greenwashing » par certains experts, est soutenue par les lobbyistes, les banques dépendantes de l’industrie fossile et les pays pétroliers tels que l’Arabie saoudite ou la Chine.

Cependant, la viabilité de ces technologies de captage de carbone est remise en question par plusieurs experts. En effet, selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, environ 80% des projets pilotes de CCUS menés au cours des 30 dernières années ont échoué. De plus, ces technologies ne permettent d’absorber qu’une infime partie des émissions de gaz à effet de serre, soulignant ainsi leur inefficacité pour répondre à l’urgence climatique.

Face à ces enjeux, de nombreux acteurs, notamment la coalition des pays européens, les États insulaires, les pays d’Amérique latine et les ONG, réclament un accord plus ambitieux sur la sortie des énergies fossiles. Ils mettent en garde contre le risque de voir les technologies de captage de carbone dissimuler l’enjeu principal de la lutte contre le changement climatique : la réduction massive des énergies fossiles.

Le débat est donc loin d’être clos à la COP28, où les délégués doivent trouver un terrain d’entente sur un texte final qui réponde aux défis climatiques actuels.

La lettre de l’Opep met en lumière les tensions entre la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la défense des intérêts de l’industrie pétrolière. Les discussions actuelles à la COP28 s’annoncent cruciales pour déterminer l’ampleur des mesures à prendre face à l’urgence climatique.

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