Renault annonce la cession de 5% de sa participation dans Nissan

Le constructeur automobile français, Renault, a récemment annoncé son intention de rétrocéder à Nissan 5% du capital du constructeur japonais, sur les 28,4% qu’il détenait, pour une valeur estimée à 765 millions d’euros.

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Cette cession, qui sera effective mercredi, devrait entraîner une moins-value pouvant aller jusqu’à 1,5 milliard d’euros dans le résultat net du groupe Renault. Renault avait transféré le solde de ses actions dans une fiducie française, réservant à Nissan un droit de première offre.

Ce rééquilibrage de l’Alliance entre Renault et Nissan, officialisé début 2023 après des années de tensions, s’inscrit dans le cadre d’une restructuration de leur partenariat. Renault avait réduit sa participation à 15% dans le cadre de cette restructuration et a annoncé la vente de 211 millions d’actions Nissan pour un montant de 765 millions d’euros. Nissan rachètera ces actions pour 120 milliards de yens pour annuler ces titres par la suite.

Cette cession devrait permettre d’améliorer la position nette de liquidité de la branche automobile de Renault, selon le groupe. Cependant, elle devrait également entraîner une moins-value comptable allant jusqu’à 1,5 milliard d’euros, plombant ainsi le résultat net du groupe, qui avait affiché 2 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre.

Les relations au sein de l’Alliance entre Renault et Nissan avaient été fortement affectées par la montée surprise de l’État français au capital de Renault, en 2015, et par la chute de Carlos Ghosn, alors patron de l’alliance, arrêté fin 2018 au Japon pour des accusations de malversations financières.

Ce rééquilibrage vise à mettre en place une alliance plus équitable, avec une répartition plus équilibrée des participations et des relations plus transparentes entre les deux constructeurs. Cette nouvelle ère de l’Alliance sera orientée business, avec des projets communs en Europe, en Amérique latine et en Inde, créant ainsi des centaines de millions d’euros de valeur pour chacun des partenaires.

Malgré cette annonce, les salariés s’inquiètent de l’avenir des sites français et des emplois, notamment en ce qui concerne les 1,400 salariés travaillant à la centrale d’achat commune ou dans les usines françaises de Renault. Le groupe a toutefois affirmé qu’aucun collaborateur de la centrale d’achat ne serait licencié et que les véhicules, dont Nissan a confié la construction à Renault, continueraient d’être fabriqués dans ses usines françaises.

Cette cession intervient dans un contexte prospère pour les deux groupes, avec Renault confirmant ses objectifs annuels et affichant une hausse de 7,6% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, tandis que Nissan a enregistré une augmentation de son bénéfice net et de son chiffre d’affaires.

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