COP28 : les négociations sur la sortie des énergies fossiles rencontrent des obstacles

La COP28 qui se tient actuellement à Dubaï est le théâtre de vives tensions concernant la question cruciale de la sortie des énergies fossiles. En effet, le brouillon de l’accord final proposé par la présidence émiratie ne mentionne pas explicitement la nécessité de sortir des énergies fossiles, mais plutôt la « réduction de la consommation et de la production de combustibles fossiles » de manière ordonnée et équitable, sans fixer de date butoir. Cette évolution du texte, sous la présidence d’un dirigeant d’entreprise du secteur pétrolier, a suscité de vives réactions parmi les délégués et les observateurs présents à la conférence.

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Le fossé entre les différentes parties prenantes est apparu clairement dans les négociations, avec d’un côté les pays favorables à une sortie rapide des énergies fossiles, et de l’autre les représentants des industries fossiles et des pays producteurs ou exportateurs de pétrole, qui ont fait pression pour inclure des mentions des technologies de captage et de stockage du carbone dans le texte.

Face à cette situation tendue, l’Union européenne, la France et les États-Unis ont exprimé leur désaccord avec le projet d’accord, le jugeant « insuffisant » et appelant à renforcer l’ambition pour sortir des énergies fossiles. De leur côté, les délégués représentant les petits États insulaires ont dénoncé le manque d’écoute de leurs voix et qualifié le projet de texte de « totalement insuffisant » sur cette question fondamentale pour l’avenir de la planète.

Le président de la COP28, Sultan Al Jaber, a fait part de sa volonté de parvenir à un accord respectant les objectifs scientifiques de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, mais il a reconnu que de nombreux points de désaccord devaient encore être résolus avant la clôture de la conférence.

Par ailleurs, la présence record de 2500 lobbyistes des énergies fossiles à la COP28, ainsi que l’injonction de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à ses membres de rejeter tout accord ciblant les énergies fossiles, montrent les enjeux majeurs liés à ces négociations. Alors que la fin de la conférence approche, la tension est à son comble et l’issue des discussions demeure incertaine.

Il est évident que les prochaines heures seront déterminantes pour l’avenir des politiques climatiques mondiales, et que les intérêts divergents des différentes parties prenantes pèseront lourd dans les dernières négociations.

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